Historiquement, la ligne de Veyne est l’exemple du désenclavement de régions entières jusqu’alors isolées par leur relief.

En roulant, l’hiver nous a rattrapé. La gare de Montdauphin grouille de monde : les skieurs montent aux stations. Les agents se sont regroupés pour assurer le service d’hiver. Une nécessité collective a permis l’investissement nécessaire à la construction de cette ligne. Le chemin de fer a fait un lien, permis le développement. Il le montre aujourd’hui encore. Autour de Jean-Marc, chef de la gare, David, Sandra et d’autres, spécialement détachés, ils gèrent l’affluence extraordinaire d’un week-end de chassé-croisé des vacanciers de février. La sécurité est l’obsession, la gare n’est pas conçue pour des trains aussi longs et une foule aussi dense. Il faut parvenir à assurer la descente et la montée des voyageurs dans un minimum de temps. La ligne de Veyne n’a qu’une voie, les trains ne peuvent se croiser que dans les gares. Le moindre retard se répercute sur l’ensemble du trafic. Là encore le particulier est indissociablement lié à l’ensemble.
Avec Jean-Marc, Sandra et David, nous discutons de l’atmosphère particulière de ce service d’hiver. Les agents se trouvent tout à coup regroupés, travaillent ensemble, mangent dans la gare. Un lien est renoué qui rompt avec un sentiment d’isolement et d’individualisme de plus en plus développé par la « nouvelle culture de la boîte ». Cette effervescence passagère fait contraste avec le trafic beaucoup plus modeste du reste de l’année. Le service public assure la continuité de la desserte de cette ligne. La recherche de rentabilité pourrait-elle remettre en cause la ligne de Veyne ?