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La voie est la manifestation concrète du lien géographique que crée le train.

CHEMINOTS RESEAU VOIE FERREELorsqu’on anime une carte qui montre l’évolution du réseau, on observe que l’addition des voies se connectant entre elles structurent le territoire en reproduisant un système fractal de développement en étoile. Un réseau sanguin ou un squelette, l’évidence en tout cas d’un lien organique.

En effectuant le trajet Marseille – Arles, première ligne ouverte en janvier 1848, nous discutons avec l’historien Robert Mencherini de la création du réseau de chemin de fer en PACA. Comme partout, en France, il fait le lien entre les intérêts des compagnies privées (ici la Compagnie du PLM) et de l’Etat. Il provoque de grands débats autour du contrôle du réseau. Sous cette double influence, la nécessité d’un réseau homogène deviendra peu à peu l’évidence.

Cette structuration en réseau, liant chaque ligne, chaque région à l’ensemble, s’accompagne de la création d’une corporation : le corps de ceux qui font rouler le train. Le réseau technique, reliant les roulants, ceux des gares, ceux des ateliers et des dépôts, crée rapidement une communauté sans précédent en majorité ouvrière : les cheminots.

Le travail les lie par une organisation rigide et militaire. Chaque embauché doit signer un contrat stipulant qu’il accepte « les suspensions de traitement, retenues et amendes » appliquées en cas de disfonctionnement. Pourtant, le chemin de fer n’est pas une grande muette à l’image de l’armée ; il donne naissance au contraire à l’affirmation d’un lien social très fort. Il se développe et monte en force au fil des luttes revendicatives qui visent à obtenir un véritable droit du travail et un statut commun. Les luttes unitaires du début du XXe siècle ont lieu bien avant la nationalisation de 1937.

Arles

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