Le lien chez les cheminots a dépassé le seul périmètre du travail.
À Miramas, la cité cheminote a donné naissance à la ville, allant même jusqu’à déplacer le centre et sa mairie. Miramas est symbolique de ces cités cheminotes où s’est développé, au-delà du temps de travail, le lien social : la coopérative, les services de santé, de loisir et d’éducation… Autour du travail, s’est structurée une communauté.
Dans ces creusets de l’identité cheminote, la transmission se fait de père en fils, de neveu à oncle. Qu’est ce que cela apportait la cité ? Quelqu’un répond : « la force ».
Mireille est assistante sociale des services sociaux SNCF. Elle décrit la vie de la cité et son évolution. Le nombre des cheminots baisse et le sentiment d’isolement est plus grand. Le lien social s’émousse ?
En plein centre-ville, sur le wagon de marchandise transporté à bout de bras par les cheminots, nous projetons des images prises en 1995 lors de la grève et de ce coup d’éclat. Nous discutons avec des cheminots qui ont participé à cet événement. Roger est retraité, ancien responsable CGT, Patrick travaille au triage, Christian à la maintenance de la voie. Il a filmé les images que nous projetons. Ils décrivent un moment fort où s’est exprimé cet esprit collectif en osmose avec le pays. Symboliquement en sortant ce wagon de l’emprise SNCF et en l’amenant sur la place de l’hôtel de ville, ils ont voulu renouer le lien avec la cité.
Les cheminots nous expliquent que décembre 1995 est une grève réussie parce que le lien entre grévistes a tenu et parce qu’un lien s’était retissé avec le reste de la population. La grève cherche donc à créer un lien : entre ceux qui luttent, un lien aussi avec la société. La grève peut être aussi un transport en commun lorsqu’elle parvient à faire bouger la société.


Arrivé en gare le : 13 août 2009
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