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les ateliers de Marseille Blancarde (2)Qu’en est-il aujourd’hui de l’attachement à cette identité singulière ?

Marseille-Blancarde est un atelier de maintenance et réparation de motrices et autorail TER. Les machines entrent et sortent en suivant une chaîne de procédures. Nous retrouvons, Renaud, Cyril, des jeunes agents au travail, regroupés autour d’une rame pour une visite générale. Ils forment eux aussi une chaîne de métiers qui participe au grand mouvement qui fait rouler le train. Lorsqu’on les interroge sur le lien qu’ils entretiennent avec leur travail, Ils se disent la génération Alzheimer, la génération qui va perdre la mémoire, qui va perdre le lien…

Après 1981, il n’y a pas eu d’embauche pour remplacer les départs en retraite. Une génération les sépare des anciens. Ils ont le sentiment que la transmission ne s’est pas fait, un lien n’a pu se nouer. Pourtant, les pratiques de transmission demeurent. Les jeunes apprennent auprès d’un aîné. Michel est diéséliste. Il travaille en binôme avec Brice. Il n’a plus grande foi dans le métier ; pourtant il tient à transmettre à son cadet.

De la même manière, ils ont des difficultés à établir un contact avec les nouveaux arrivants dont beaucoup viennent du privé. D’un côté la culture ne s’est pas transmise, de l’autre elle n’est pas la même. Le lien se perd ? Ils parlent d’une politique délibérée qui vise à rompre ces liens qui unissent et rendent les cheminots si combatifs. Isolé, on est moins résistant. Une communication de la direction de l’établissement  annonce le changement de son statut qui lui donne désormais une autonomie financière. L’atelier se devra de satisfaire ses clients et savoir être compétitif pour obtenir de nouveaux contrats. On y invite les agents à un changement de culture.
Dans les ateliers, tous n’ont plus le même statut, pas la même paye. Dans les ateliers aujourd’hui, le lien devient plus ténu. L’heure est désormais au «management de proximité».


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